Q011 – Comment initier la mise en place d’un dispositif de veille et de prospective ?

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Il est communément admis qu’un projet ne peut être officiellement lancé qu’une fois que le cahier des charges est validé par le commanditaire. C’est justement là que les difficultés commencent puisqu’une telle séquence suppose que le commanditaire, ou client, a une idée suffisamment précise de ce qu’il attend pour pouvoir rédiger le cahier des charges.

En pratique, ce n’est pas toujours le cas. Dès lors, plutôt que de s’en tenir à un processus linéaire (rédaction puis validation du cahier des charges avant initiation du programme de prospective technologique), il est judicieux d’adopter un mode opératoire itératif et interactif c’est à dire “agile”. L’enjeu sera de faire émerger et de comprendre avec votre client ce dont il a réellement besoin. Dit autrement, il s’agira de répondre à la question : quelle est l’information qui l’intéresse vraiment (le “fond”) ? Dans le même temps, il faudra également se préoccuper des formats utilisés pour rendre compte des résultats du programme (la “forme”).

Considérez que nous nous trouvions juste avant le lancement du premier iPhone.

Si vous demandez à une personne comment il/elle souhaiterait téléphoner dans 20 ans, la qualité des réponses sera proportionnelle à sa capacité d’imagination et de se projeter dans l’avenir. En approchant la même personne et lui demandant s’il/elle souhaiterait être atteignable en dehors de la maison, avoir la possibilité d’écouter de la musique et de prendre des photos avec le même appareil, on obtient des informations sur les besoins et les envies nettement plus pertinentes.

Les améliorations du matériel ainsi que des services viendront ensuite de façons différentes, incrémentales ou plus disruptives, mais rarement totalement prévisibles initialement.

“Vous ne pouvez pas demander aux gens ce qu'ils veulent et le construire, au moment où vous avez fini, ils veulent quelque chose de nouveau.”
Steve Jobs

S’il est admis que la destination et la forme finale d’un programme de prospective ne soit pas connue dès son lancement, il est par contre non seulement essentiel mais également rassurant, aussi bien pour le porteur du programme que pour son client, de concevoir les étapes du programme selon une méthode claire et rigoureuse qui précisera notamment la stratégie à employer en matière d’allocation de ressources.

Afin d’esquisser les contours d’un programme de prospective technologique, il peut être utile de recourir à un outil de formalisation de modèle d’affaires tel que le business model canvas ou une fiche de description de projet. Un tel outil permet, de manière simple et efficace, de recenser et de visualiser l’intégralité des parties prenantes du programme, des activités à réaliser, des ressources à mobiliser (en interne et en externe), des canaux de communication à activer etc. ; bref, une fois remplie, une telle grille d’analyse permet d’avoir une idée assez précise de l’écosystème auquel le programme de prospective technologique visera à apporter une valeur ajoutée.

Il est fort probable que vous allez recevoir comme première demande quelque-chose ressemblant à “Serait-il possible d’établir une liste des technologies disruptives?”. Si vous êtes chanceux, on vous dira peut-être à quelle fin “…technologies disruptives dans le monde de l’automobile”, en ajoutant peut-être également une notion de temps “… dans le monde de l’automobile dans les 20 prochaines années”.

Nous avons effectué l’exercice sans sujet ni horizon de temps précis en rédigeant une trentaines de fiches technologiques selon un canevas bien précis. Le résultat fut “inutilisé” en tant que tel, car le client devait encore effectuer lui-même le passage de la technologie à “ce que la technologie pouvait lui apporter par rapport à un produit, un processus, une compétence désirée”.

Cette étape n’est de loin pas facile car elle nécessite une capacité d’imagination ainsi que celle de se projeter dans l’avenir. Cette anecdote fut importante, car nous avons compris que ce qui intéressait certaines personnes, et je m’avancerait en disant “la plupart des personnes”, n’est pas de connaître une technologie, mais ce que la technologie va lui apporter, lui permettre de réaliser de nouveau, ou va représenter comme danger pour son activité.

Pour ramener toute ces informations à la surface et mieux déterminer l’enveloppe des actions nécessaires, il est recommandé de procéder à une analyse des besoins incluant un audit de veille.

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