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Q050 – Mettre un moteur dans vos recherches prospectives ?

Ce billet présente un « outil collatéral » fort utile mis en place suite à l’analyse des différentes sources de documents de prospective réalisée ensemble avec Dr. Rebeca Valledor et M. David Borel de la coopérative Centredoc, dans le cadre du projet FOCUS.

Si certains mettent des tigres dans leur guitare ou dans leur moteur, fort est de constater que mettre un moteur dans vos recherches d’information peut se révéler fort utile. Si vous souhaitez effectuer une recherche prospective sur un domaine en particulier, qu’il soit technologique ou non, vous allez rapidement arriver aux deux conclusions suivantes:

  1. Sous une forme ou une autre, une entité aura déjà réalisé une étude similaire.
  2. Si vous ne faites pas attention et procédez avec méthodologie, vous risquez de vous faire engloutir sous un tsunami de documents – nous avions déjà brièvement effleuré le sujet dans ce billet.

Si vous cherchez à explorer un thème donné, c’est bien que vous devez répondre à une attente bien précise d’une partie prenante, et donc plus vous pourrez vous appuyer sur une base informationnelle solide, plus vous pourrez vous concentrer sur la valeur que vous devrez ajouter.

Dans toute recherche d’information, une étape cruciale est de choisir les bonnes sources. La variété (et quantité) est énorme : sites web, articles des journaux – scientifiques ou pas – , blogs, projets de recherche, thèses, réseaux sociaux, brevets, etc. Le choix dépend énormément de la question à laquelle on veut répondre et/ou la situation dans laquelle on se trouve.

Lors d’une démarche prospective, il peut s’avérer utile de consulter des informations provenant des sources spécialisées. Des nombreux gouvernements disposent d’équipes focalisées sur la prospective, des associations et « think tanks » à un niveaux étatiques et international réfléchissent sur les futurs possibles, tout comme des organisations internationales analysent les conséquences futures des technologies, etc. Un grand nombre de résultats d’études prospectives, de rapports d’analyse ou de recommandations au niveau politique se trouvent ouvertement sur le web. Ces sources constituent un excellent point de départ.

Une analyse approfondie nous a permis d’identifier plus de 60 sources proposant de l’information dans le domaine de la prospective. Mais une fois les sources identifiées, la question qui se pose est : comment trouver la bonne information parmi toutes celles-ci ?

Une solution intéressante est la configuration d’un moteur de recherche personnalisé, qui combine la puissance des indexes de recherche génériques avec la possibilité de restreindre les résultats aux sites d’intérêt.

Les fournisseurs de moteurs de recherche proposent souvent des solutions adaptées à la recherche à l’intérieur d’un site web. La flexibilité dans le paramétrage des sites « recherchables » n’est pas toujours à disposition dans des solutions « open source ». C’est le cas par exemple de Duck Duck Go, qui propose un moteur de recherche personnalisé adapté plutôt à une recherche restreinte sur une seule adresse URL.

Une option qui semble évidente est d’essayer la solution de moteur de recherche personnalisé proposée par Google. Les avantages sont :

  • Jusqu’à 5000 adresses URL peuvent être paramétrées
  • Nombre de requêtes illimité (par conséquence nombre d’utilisateurs illimité).
  • Possibilité de regrouper les sources et les étiqueter pour filtrer les résultats selon nos critères
  • Possibilité de définir l’objectif du moteur afin de mettre en avant les résultats de recherche les plus pertinents
  • Possibilité de classer les résultats par date ou par pertinence

Ces prestations permettent largement d’intégrer toutes les sources d’intérêt dans un moteur et de l’interroger autant que nécessaire lors du début de chaque travail de prospective technologique. L’option de créer des étiquettes et de regrouper les sources selon différents critères facilitera la lecture des résultats, puisqu’ils vont se présenter sous différents onglets correspondants aux regroupements réalisés. On peut imaginer des critères divers : par couverture géographique de la source, par domaine technologique traité, par méthodologie utilisée, etc.

Ce travail de « caractérisation » des sources doit se faire en amont de la configuration du moteur, et l’on remarque ici un exemple appliqué de collaboration entre l’humain et la machine. On bénéficie de la puissance de recherche digitale, mais sur des sources jugées pertinentes par l’intelligence humaine, dont une partie ont été découvertes grâce à cette même recherche digitale. Sans vouloir nous étendre sur le sujet (prospectif), l’interaction humain-machine se révèle ici plus efficace que l’humain et la machine pris séparément.

Utilisant ces différentes sources, le projet Focus offre un exemple concret de cette approche (cherchez-y par exemple human machine interaction en référence au paragraphe précédent). Si les premiers résultats, facilement identifiables, sont des publicités, les suivants nous semblent d’excellentes références pour initier tout travail de prospective relative à un domaine technologique donné.

 

Des solutions payantes sont une alternative si on souhaite se débarrasser de la publicité dans les pages des résultats, augmenter le nombre de sites indexés ou aller un pas plus loin, et indexer aussi des documents en format pdf, word ou excel. Des fournisseurs comme Expertrec proposent des solutions à des prix très raisonnables.

Rebeca Valledor est une physicienne qui s’est toujours intéressée aux nouvelles technologies. Depuis 5 ans, la recherche d’information fait partie quotidienne de son métier en tant que responsable de veilles technologiques et analyste brevet chez CENTREDOC.

David Borel est le Directeur Adjoint de la coopérative CENTREDOC, active depuis 1964 dans le domaine de la collecte et du traitement d’informations stratégiques. Passionné par le potentiel que représente la convergence de l’information et de la technologie, il dirige une équipe de spécialistes toujours prête à relever les défis de ses partenaires.

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